« Le Chöd (ti. གཅོད w. gcod) (littéralement « couper au travers ») est une pratique rituelle appartenant au Shee Ché (ti.: ཞི་བྱེད།, w. : Zhi-byed « apaisement de la souffrance »), une lignée du bouddhisme tibétain. C’est une méthode pour couper au travers des obstacles (c’est-à-dire l’ignorance, la colère, et en particulier le dualisme, surtout le dualisme du sens de soi comme différent des autres) et permet au pratiquant de demeurer dans un état naturel libéré de la crainte», nous apprend Wikipédia, qui ajoute «Le Chöd est en effet traditionnellement considéré comme dangereux et les débutants doivent être guidés.» C’est sûr qu’il émane quelque chose d’éminemment dangereux des bandes de Helge Reumann, comme si une menace sourde pesait sur chacune de ses pages, comme si, à chaque instant, tout pouvait basculer dans la violence la plus extrême ou la folie la plus intense.
Dans ses livres comme dans d’autres médiums (peintures, installations), H. Reumann a bâti avec une belle constance une œuvre d’une grande cohérence, noire, violente, mais pas exempte d’humour, présentant un monde peuplé de créatures dégoulinantes, de bandes rivales adeptes de la baston, de gnomes mystérieux et autres visions de cauchemars, mais toujours exécuté avec la plus grande rigueur.
• Du 29 mai au 31 mai pour le Festival Fumetti
• Rencontre avec l’auteur au festival Fumetti
Commissariat & scénographie : Tangui Jossic et Helge Reumann